Cette dualisation du marché du travail ne serait qu'apparente si les individus étaient égaux dans leur chance de voir leur CDD transformé en CDI. Pour les jeunes, on l'a dit, mais aussi les femmes et les peu qualifiés, le CDD ne constitue pas toujours un tremplin vers le CDI. Ces personnes sont alors souvent vouées aux emplois temporaires. Des inégalités se retrouvent aussi au niveau sectoriel. Les CDD rempliraient ainsi un rôle d'ajustement de l'emploi suivant l'activité dans l'industrie, offrant peu de perspectives d'intégration à l'entreprise, alors qu'ils constitueraient plutôt un moyen de sélectionner la main d'oeuvre dans les services. On assiste ainsi à une concentration des risques sur les publics fragiles dans les secteurs les moins porteurs. Le groupe considère qu'une piste intéressante sur laquelle les partenaires sociaux devraient réfléchir est la création d'un contrat unique. Convenablement conçu, il permettrait de résoudre de fait la dualisation du marché du travail. La forme précise de ce contrat est naturellement à débattre. Mais une idée peut être avancée : la suppression du CDD et la création d'un contrat unique à durée indéterminée dans lequel les droits relatifs à la protection d'emploi et à l'indemnisation se renforceraient progressivement. Sans tenter ici de préciser exagérément les contours d'un tel contrat, on voit bien que les anciens cas de recours aux CDD constitueraient des cas de motif réel et sérieux de rupture dans les premiers temps du contrat. Ainsi s'intégreraient sans heurts les embauches antérieurement opérées en CDD et cette nouvelle souplesse faciliterait l'insertion durable dans l'entreprise. Les procédures de licenciement connaîtraient une progressivité comparable, permettant à l'entreprise de gérer son personnel en fonction de ses besoins réels et non par des pratiques contestables de ruptures successives. En cas de rupture précoce, l'actuelle prime de précarité pourrait être majorée.
Of course, I don't buy this line of reasoning about healing the duality of the labor market through progressive contractual commitments by employers. Without some teeth in the regulation of short-term commitments to labor, this is just one more step down the slippery slope of low job security. But, for me, that isn't really the point. To what degree can public understanding of the new law be traced back to something like this report? Are people aware of "Camdessus" and was this awareness incorporated into governmental rhetoric prior to the passage of the new law? It's a relatively narrow question, and I just don't have the expertise on France to answer it.