| L’Etat doit bien sûr savoir se réformer. Augmenter les impôts n’est pas une fin en soi et la liberté de chacun passe par la libre disposition d’une large part du fruit de son travail. Mais voir des candidats à la magistrature suprême proposer des mesures démagogiques en matière fiscale et justifier la sécession sociale des plus riches nous consterne. Car nos revenus ne proviennent pas seulement de notre talent personnel. Ils ont été acquis par notre travail, mais celui-ci ne porterait pas ses fruits sans le stock d’infrastructures, d’innovations, de savoir-faire, de goût d’entreprendre, de lien social, qui nous a été transmis par les générations qui nous ont précédés. C’est cet héritage commun qu’il nous revient de préserver et de développer en priorité afin d’assurer la qualité actuelle et future de notre vie individuelle et collective. Ce qui passe par un niveau élevé de dépenses publiques. Ces dépenses ne sont pas seulement un coût, elles sont aussi un investissement, gage à la fois de justice et de dynamisme. C’est pourquoi nous consentons à l’impôt et récusons des baisses de la fiscalité dont la contrepartie serait l’insuffisance des moyens donnés à la protection sociale des plus pauvres, à l’éducation, à la recherche, à la santé, au logement ou encore à l’environnement. | | The State must of course learn to reform over time. Increasing taxes is not an end in itself and the freedom of each of us comes from the ability to enjoy a large part of the fruits of one's work. But we are dismayed to see some presidential candidates putting forward demagogic tax measures and justifying the social secession of the richest. Our income does not come only from our personal talent. It was provided by our work, but that work would not bear its fruits without the stock of infrastructures, innovations, know-how, entrepreneurial spirit, and social bond which was transmitted to us by the generations which preceded us. It is this common heritage which it is incumbent upon us to preserve and to develop in priority in order to ensure the current and future quality of our individual and collective lifes. And that requires a high level of public expenditure. That spending is not only a cost, it is also an investment, which guarantees at the same time justice and dynamism. This is why we agree to pay taxes and cannot consent to tax cuts whose price would be the weakening of the means given to the social protection of the poorest, to education, research, health, housing or to protection of the environment. |