European Tribune

France is not in decline and the last thing it needs is 'reform'

by Jerome a Paris
Mon Sep 10th, 2007 at 09:04:17 AM EST

Le Monde has been kind enough to decide to publish the article below, written back in April, in its edition dated September 11, with minimal edits, so I am reposting this today here on the front page (in the version then posted, not in the slightly modified version in Le Monde; for the original comment thread, go to the link above).

The article mentions neither John's big role in writing and editing this article, nor my position with the European Tribune, but I guess we should be happy that the facts it contains are given a wide hearing. -- Jérôme.

La France n'est pas en déclin et n'a pas besoin de "réforme"
John Evans & Jérôme Guillet
France is not in decline and the last thing it needs is "reform"
By John Evans & Jérôme Guillet
Il est bien difficile aujourd'hui de trouver, dans les médias tant nationaux qu'internationaux, un commentaire sur l'économie française où manquent les mentions obligatoires de son déclin, de la faiblesse de la croissance, ou de la persistance d’un chômage de mass, et qui ne présente pas comme une évidence l'urgente nécessite de "réformes". Entre guillemets, "réformes", car ce mot est devenu un nom de code plus ou moins explicite pour un programme à sens unique: libéralisation d'un marché du travail considéré "trop rigide" via l'assouplissement du code du travail, baisse des charges sur les entreprises, affaiblissement du contrôle de l'Etat, et, naturellement, baisse des impôts. Des travailleurs plus flexibles et moins chers seraient plus facilement embauchés, ce qui améliorerait la compétitivité des entreprises et leurs profits, sur le modèle anglais ou américain. Et évidemment les 35 heures tant décriées, cette « aberration économique », doivent être éliminées afin de remettre la France au travail.

Le problème est que ce programme, qui sert bien les intérêts des actionnaires et des dirigeants d'entreprise, se base sur une description extrêmement partielle et partiale de la réalité économique.

It is hard to find, in the international media, commentary on the French elections that does not suggest national decline, a stagnant economy, a hopeless employment situation, an unrealistic 35-hour working week, and the urgent need for "reform" if France is to get back on the road to growth again.. "Reform" is here between quotes, given the extent to which it has become a more or less explicit codeword for a one-way agenda: liberalizing the labour market, weakening union power and State regulation of business, and reducing taxes. Cheaper workers, it is assumed, will lead to greater competitiveness, higher profits and, therefore, more jobs.

The problem is that this programme is based on a view of economic reality that is neither impartial nor complete.


Le leitmotiv du déclin prend généralement appui sur la croissance plus faible de la France, relativement à celle de pays comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis, ces dernières années, et sur la baisse relative de son PIB par tête. Or cette description tronquée de la réalité ne tient pas compte de la distribution des richesses, et de l'augmentation extraordinaire de l'inégalité dans ces économies censées nous servir de modèle. En fait, toute la richesse créée dans ces pays a été captée par une tranche étroite de la population. Les revenus médians sont stagnants, alors que les revenus des 0,1% les plus riches de la population augmentent en flèche, au point d'être passés de 2% à 7% des revenus totaux en moins de vingt ans aux Etats-Unis, selon les chiffres de l'étude de Piketty et Saez. When it is backed up, the imputation of decline is generally linked to lower GDP growth over the past few years, with a drop in relative GDP per capita, compared to countries like the United Kingdom and the United States - constantly touted as models for France to follow. This view is one-sided because it takes no account of internal income distribution, and more particularly of increasing inequality in these economies. In the US, most of GDP growth has been captured by a small slice of the population. Median wages have been flat for a long time, while the income share of the top 0.1% of population (as evidenced in Piketty and Saez's ground-breaking study) has grown from 2% to 7% in under twenty years


"A New Gilded Age"
Martin Wolf, Financial Times, 25/04/2006

Ces 5% supplémentaires captés par les plus riches sont équivalents à l'appauvrissement relatif des français (dont le PIB par tête est passé de 78% à 72% de celui des américains sur la période, en moyenne) ce qui veut dire que la croissance économique a été identique en France - pour les 99,9% les moins riches de la population.... These extra 5% gained by the wealthiest group are equivalent to the drop in relative GDP per capita of France, (from 78% to 72% of American GDP per capita over the same period), which means that economic growth has been roughly similar in the two countries - for the least wealthy 99.9% of the population...


"European corporatism needs to embrace market-led change"
Martin Wolf, Financial Times, 24/01/2007


The same graph for France only, excluding the top 0.1% by income
Le même graphique pour le PIB relatif de la France, excluant les 0,1% les plus riches

L'accroissement des inégalités se constate également à l'autre bout de l'échelle des revenus, où on note un taux de pauvreté infantile de 7% en France, de 16% au Royaume-Uni (le double de celui en 1979) et de 20% aux Etats-Unis (sans oublier les 15% d'Américains qui n'ont aucune couverture maladie). The growth of inequality can also be observed by looking at the lower end of the income ladder. While child poverty is estimated at 7% in France, it stands at 16% in Britain (double the rate for 1979), and at 20% in the USA (without forgetting the 15% of Americans without health insurance).


"An overview of child well-being in rich countries"
UNICEF, Innocenti Report Card 7, 2007

Même en appliquant le seuil de pauvreté américain en valeur absolue (selon un calcul légèrement différent du précédent) il y a moins d’enfants pauvres en France (11% contre 14% - sans parler des 29% du Royaume-Uni), malgré un revenu moyen par tête de 30% plus faible.Most significantly, if the absolute income threshold used for the statistical determination of poverty in the US were applied, there would still be fewer poor children in France (11% as against 14% in the US - and 29% in the UK), despite an average per capita income lower by 30%.


"A league Table of Child Poverty in Rich Nations"
UNICEF, Innocenti Report Card 1, 2000

Chose extraordinaire en temps de paix, les Etats-Unis enregistrent aujourd'hui une augmentation de leur taux de mortalité infantile. Un enfant né dans une famille pauvre de ce pays a aujourd'hui une espérance de vie de 15 ans inférieure à celle d'un enfant né dans une famille aisée. Infantile mortality rates are now rising in the US, a surprising phenomenon in peacetime. Even more impressively, the life expectancy at birth of its poorest citizens is 15 years shorter than that of its more privileged ones..

Il est compréhensible de défendre la liberté des membres les plus dynamiques de la société d'entreprendre et de bénéficier des fruits de leur travail, mais cette liberté accordée sans contrepartie s'accompagne inévitablement de fractures sociales bien plus marquées que celles connues en France. Le choix d'un niveau élevé de solidarité et de redistribution modère les revenus des plus riches, soit, mais, fait moins souvent évoqué, pas ceux des autres. Ainsi, la banque UBS a noté que le deuxième décile de revenus a connu une augmentation de son niveau de vie de 7% en France et une baisse de 12% aux Etats-Unis entre 1997 et 2004, et que le neuvième décile avait connu une augmentation de 12% en France et de 10% aux Etats-Unis. Un Français de revenu modeste ou membre des classes moyennes ou même aisées profite plus de la croissance modérée de l’économie française que son cousin américain ne profite du dynamisme de son pays. Freeing society's most dynamic and productive members to earn more and hold on to the benefits of their efforts may appear a worthwhile policy goal, but it comes at a considerable price which is all too often ignored when discussing the merits of "reform." The other option, that of encouraging solidarity and redistribution, certainly restrains income growth for the wealthiest, but not - a less commonly-stated point - for all the others. A study by UBS, while observing that the income of the ninth decile of the population (the second poorest tranche of 10%, ranked by income) saw its income rise by 7% in France between 1997 and 2004, as against a drop of 10% in the US, also noted that the income of the second richest decile rose by 12% in France, and 10% in the US. The moderate growth of the French economy benefits not just the lower-paid but also members of the upper-middle classes more than the dynamism of the US benefits their American counterparts.


"Unequal Economics"
UBS, 10/2006

Il semblerait donc que, sur le plan des revenus, les très riches forment le seul groupe qui bénéficie des "réformes". Mais cette conclusion ne fait-elle pas bon marché du chômage dont souffre la France?

Tout dépend de ce qu'on mesure. Ainsi, parmi les hommes de 25 à 54 ans, 87,6% avaient un emploi en 2004 en France, et 87,3% aux Etats-Unis, selon les chiffres de l’OCDE. Et pourtant le taux de chômage pour cette catégorie était alors de 7,4% en France, et 4,4% aux Etats-Unis. La ligne séparant chômage d'inactivité n'est visiblement pas mise au même endroit dans chaque pays... De même, le chômage des jeunes touche 8,4% des 15-24 ans en France, contre 5,5% au Danemark, 7,6% aux Etats-Unis et 7,5% au Royaume-Uni, donc pas de quoi crier à la faillite du modèle.

We may conclude that the only group that needs "reform" of the French economy is made up of the very rich. But doesn't that conclusion superbly ignore well-known French problems like massive and especially youth unemployment?

Unemployment figures are bandied about as proof of good or weak economic performance with no concession to the fact that they are not arrived at by the same methods from one country to another. Thus, according to the OECD, 87.6% of men aged 25-54 worked in 2004 in France, as opposed to 87.3% in the US. Yet the unemployment rate for that category then was 7.4% in France, and 4.4% in the US. Clearly, the line between "unemployed" and "inactive" is not drawn in the same way in each country. One could also wonder about the line between "unemployed" and "on Incapacity Benefit" in the UK... As for youth unemployment, the proportion of 15-24 year-olds that are unemployed in France is 8.4%, as opposed to 5.5% in Denmark, 7.6% in the US and 7.5% in the UK - hardly enough difference to disqualify the "French model".


"Déréglementation sans précédent du marché du travail"
Le Monde, 17/01/2006


Simon Briscoe
Financial Times, 20/04/2006

Certes, le taux de chômage est nettement plus élevé, mais cela reflète essentiellement le fait que la population active est plus étroite dans cette classe d’âge en France, notamment parce que moins de jeunes trouvent nécessaire d'occuper un emploi tout en poursuivant leurs études. The unemployment rate is indeed much higher in France, but that's because the active population in that age category is so much smaller - to a considerable extent a reflection of the fact that fewer young people find it necessary to hold down a job at the same time as they study.


Le Monde, 31/01/2006


Eurostat, "Forces de travail 2000"
via Le Monde, 26/01/2006

Mais les Français travaillent moins, nous dit-on.

Même pas (voir commentaire n°10, de Jean-François Couvrat). Les travailleurs français effectuent 37,4 heures par semaine en moyenne, contre 35,6 heures au Royaume-Uni. Les employés à temps plein travaillent effectivement moins longtemps en France (40,9 heures contre 43,2 heures en 2005), mais le nombre élevé d'emplois à temps partiel baisse la moyenne britannique; le nombre d’heures totales travaillées dans le deux pays est à peu près équivalent, pour des populations similaires. Dire que les Français travaillent moins est donc tout simplement faux.

But (shades of the 35-hour week!) the French work less, we are told.

Not so. French workers work more (see comment n°10, by Jean-François Couvrat), on average, than their UK counterparts (37.4 hours per week as against 35.6 hours), according to Eurostat. Full-time workers do work shorter hours (40.9 hours for the French compared to 43.2 hours for the British in 2005), but the high number of part-time jobs in the UK brings down the average; the total number of hours worked in each of the two countries is roughly equivalent, for populations of similar size. The argument that the French don't work is plainly false.

Par ailleurs, la France a créé autant d'emplois que le Royaume-Uni au cours des 10 dernières années: 2,5 millions. La seule différence est que, au Royaume-Uni, la création de postes a été très régulière, alors qu’en France, la quasi totalité de ces emplois a été créée entre 1997 et 2002, c'est-à-dire précisément au moment de la mise en place des 35 heures, et ce alors que la croissance mondiale a été plus forte ces 5 dernières années. Another fact that goes against conventional wisdom is that France has created as many jobs as the UK over the past 10 years: 2.5 million. In the UK, they were created throughout the period; in France's case, they were created between 1997 and 2002, i.e. precisely at the time when the 35-hour week came into force. In fact, the introduction of that law saw the largest ever increase in hours worked in the French economy. And suggesting that this is a simple expression of favorable international conditions is incorrect as world growth has actually been stronger since 2002.


UNEDIC, "Statistiques annuelles des effectifs salariés affiliés"
via Le Monde


HSBC-CCF, Questions d'actualité - le Royaume-Uni en 2004

Plus remarquable encore, la France a créé plus d'emplois dans le secteur privé (+10% entre 1996 et 2002, selon l'OCDE) que le Royaume-Uni (+6%) ou les Etats-Unis (+5%). En fait, le Royaume-Uni n'a créé quasiment aucun emploi net dans le secteur privé depuis près de 5 ans, mais a bénéficié de l'augmentation très forte des emplois dans le secteur public. But that's not all. France created more private sector jobs (+10% between 1996-2002, according to the OECD) than either the UK (+6%) or the US (+5%). In fact, the UK economy has barely created any net employment in the private sector in the past five years, but, thanks to increased public spending, has seen a remarkable rise in public sector jobs.


OCDE, via Hussonet (pdf)

Cela reflète le fait que les croissances anglaise et américaine reposent très largement sur l'augmentation de la dépense publique, qui a littéralement explosé sous Blair et Bush, passant de 38% à 45% du PIB au RU et de 34% à 37% aux EU entre 2000 et 2006. Dans le cas britannique, cette relance keynésienne (centrée sur les secteurs de l’éducation et de la santé) s'est faite grâce à l'augmentation des impôts et à la cagnotte du pétrole de la Mer du Nord, tandis que l'administration Bush a présidé (pour payer sa guerre en Iraq) à une augmentation sans précédent de la dette publique - et de la dette privée, la plupart des ménages se voyant obligés d'emprunter - sur le dos d'une bulle immobilière également sans équivalent - pour compenser la stagnation de leurs revenus. Mais dans ce cas-là, semble-t-il, il s'agit de "dynamisme". Il paraît cependant légitime de se demander quelle partie du modèle anglo-saxon nous sommes conviés à copier... This reflects the fact that UK and US growth rates have been boosted, to a large extent, by massive increases in public spending (from 34% to 37% of GDP in the US, and from 38% to 45% in the UK between 2001 and 2006). In the British case, this Keynesian stimulation (directed towards the healthcare and education sectors) has been paid for by tax increases and the last few years of the North Sea bonanza; in the case of the US, the Bush administration (to finance the Iraq war) has presided over an unprecedented increase in public debt - doubled by a private debt binge, with households borrowing (on the strength of an equally unprecedented housing bubble) to compensate for the stagnation of their income. One really has to wonder what France is being told to imitate: what Tony Blair and George Bush say, or what they do?


"How Labour steered an economy going global"
Financial Times, 19/09/2006

Evidemment, il ne s'agit pas de dire que tout va bien en France, ni qu'il n'y a rien à changer. Mais le mot "réforme" est maintenant porteur d'un tel agenda idéologique qu'on aurait sans doute tout à gagner à l'exclure de tout discours qui se voudrait sincère. A moins, bien entendu, que nous soyons tous déjà d'accord que l'objectif qu'il convient de fixer soit effectivement de faire baisser les revenus des travailleurs les plus modestes afin de réduire le fardeau qui pèse sur les quelques "happy few" en haut de l'échelle des revenus. This is not to say that France has no problems, or is in need of no change at all. But the word "reform" has become the bearer of such an ideological bias that honest discourse would be better off avoiding it. Unless, of course, we all agree already that the right goal is to lower incomes for workers while increasing them for a happy few at the very top, while waiting for a purported (but invisible to statisticians) "trickle down".


"Bush Reorients Rhetoric, Acknowledges Income Gap"
Wall Street Journal, 26/03/2007

Il est tentant de se demander si le feu roulant qui tend à déprécier l'économie française provient de ceux qui ne supportent pas l'existence d'un modèle social différent, modèle qui prouverait que la "réforme" n'est pas indispensable. S'il est possible d'assurer la prospérité de presque tous en décourageant la concentration de la richesse entre quelques mains, cela élimine le principal argument des partisans du capitalisme débridé. Comme l'a dit le milliardaire Warren Buffett, les riches aux Etats-Unis mènent - et gagnent - la lutte des classes. Depuis la chute du mur de Berlin, ce vocabulaire semble décrédibilisé et désuet, ce dont certains ont su profiter. Il serait temps de noter qu'ils n'agissent pas dans l'intérêt de tous, mais uniquement dans le leur. In fact, one gets the nagging suspicion that the French economy comes in for such consistent bashing precisely because it shows that overall standards of living can increase without the rich getting extravagantly richer, thus refuting one of the essential justifications for unbridled capitalism. Warren Buffett said that what the wealthy in the US are carrying out - and winning - is class struggle. That kind of vocabulary went out of date with the fall of the Berlin Wall, a fact that has been taken advantage of by some. It's time to realize they don't act in the general interest, just in their own.

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I inserted in the first paragraph a reference to the Attali Commission (after the former sherpa of Mitterrand, now hapyp to work for Sarkozy) on growth, which paints a pretty negative (at least in his press mentions) vision of the French economy.


A l'image des propos annonçant la constitution de la commission Attali, il est bien difficile aujourd'hui de trouver, dans les médias tant nationaux qu'internationaux, un commentaire sur l'économie française où manquent les mentions obligatoires de son déclin, de la faiblesse de la croissance, ou de la persistance d'un chômage de masse. De tous côtés, les "réformes" sont présentées comme une urgente nécessité.



In the long run, we're all dead. John Maynard Keynes
by Jerome a Paris (jeromeguillet@yahoo.fr) on Mon Sep 10th, 2007 at 09:21:51 AM EST
Cool. Congrats to Anonymous John and you!
by Colman (colman at eurotrib.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 09:26:54 AM EST
IS John Evans, THE John Evans that used to play with Jethro Tull?
by PeWi on Mon Sep 10th, 2007 at 09:30:55 AM EST
I'm THE John Evans, but probably not that one! :-)

When locusts move on, they leave nothing behind
by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Mon Sep 10th, 2007 at 09:41:46 AM EST
[ Parent ]
doh (-:
by PeWi on Mon Sep 10th, 2007 at 09:43:16 AM EST
[ Parent ]
Yeah... :[

When locusts move on, they leave nothing behind
by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Mon Sep 10th, 2007 at 09:53:55 AM EST
[ Parent ]
Is the other John Evans the one who had  gender change? Or was that afew, I can´t remember

keep to the Fen Causeway
by Helen (lareinagal at yahoo dot co dot uk) on Mon Sep 10th, 2007 at 12:37:04 PM EST
[ Parent ]
Damn. Outed.

(Was there a John Evans who had a gender change?)

When locusts move on, they leave nothing behind

by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Mon Sep 10th, 2007 at 12:45:05 PM EST
[ Parent ]
Yes, the one in Jethro Tull.


keep to the Fen Causeway
by Helen (lareinagal at yahoo dot co dot uk) on Mon Sep 10th, 2007 at 06:24:57 PM EST
[ Parent ]
I just checked myself out on Wikipedia, where it turns out I have a huge list to choose from. I could be several flavours of US or UK politician, a footballer, a cricketer, a bowls player or an ice-hockey player, a Welsh punk writer or a British horror writer (neither of them are me), a supercentenerian, a wrestler, a minister of religion (no surprise), an archeologist, an actor, a bishop, a murderer, a pirate, and, would you believe, an astrologer.

But the Jethro Tull keyboardist, real name John Evans, took the stage name John Evan. Strangely the Wikipedia entry doesn't mention a gender change. They say "he" runs a law firm... While the bio on the Jethro Tull site says "he" runs a building construction company.

When locusts move on, they leave nothing behind

by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Tue Sep 11th, 2007 at 02:14:58 AM EST
[ Parent ]
This subthread is why this site is unbeatable. The stuff you learn ...
by desmoulins (gsb6@lycos.com) on Tue Sep 11th, 2007 at 02:57:00 AM EST
[ Parent ]
... the fitness/conditioning standards of modern footballers is a bit extreme. Nothing like the glory days of George Best.

Utsukushikereba sore de ii
by BruceMcF (agila61 at netscape dot net) on Tue Sep 11th, 2007 at 03:20:23 AM EST
[ Parent ]
It was David Palmer -> Dee Palmer in 2004 I believe (in case have not already found it.)
by PeWi on Tue Sep 11th, 2007 at 04:48:49 AM EST
[ Parent ]
Ah well, it was fun while it lasted. JT weren't really a band I paid a lot of attention to, so one keyboard player was much like another.

keep to the Fen Causeway
by Helen (lareinagal at yahoo dot co dot uk) on Tue Sep 11th, 2007 at 05:15:36 AM EST
[ Parent ]
It looks good, Jérôme. It certainly says a heap of things people aren't used to hearing, and it packs a punch.

When locusts move on, they leave nothing behind
by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Mon Sep 10th, 2007 at 09:47:42 AM EST
Almost a whole page in "Le Monde" ! Great achievement, Jérôme and John!

And I think now is a better timing than in April, where it would have been drowned in the electoral campaign.

Too bad they didn't publish the beautiful graphs!

"Ne te courbe que pour aimer..." René Char

by Melanchthon on Mon Sep 10th, 2007 at 09:56:42 AM EST
"Tour de force" is what you cheese eating surrender monkeys say, isn't it?

Congatulations.

by ChrisCook (cojockathotmaildotcom) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:02:55 AM EST
I said it then and now.. it is a brilliant piece..

A pleasure

I therefore claim to show, not how men think in myths, but how myths operate in men's minds without their being aware of the fact. Levi-Strauss, Claude

by kcurie on Mon Sep 10th, 2007 at 10:04:30 AM EST
By the way.. Krugman today/yesterday in the NYT is using the same kind of narrative..

http://economistsview.typepad.com/economistsview/2007/09/paul-krugman-wh.html lvoe it..

I personally think it is a must-read.. and Jerome you could certainly send this article to him...

A pleasure

I therefore claim to show, not how men think in myths, but how myths operate in men's minds without their being aware of the fact. Levi-Strauss, Claude

by kcurie on Mon Sep 10th, 2007 at 10:08:39 AM EST
Le Monde.fr : Non, la France n'est pas en déclin, par Jérôme Guillet
ebolavir
10.09.07 | 15h27
Enfin on l'écrit, et en bon français. Le modèle de société à peu près solidaire français est un avantage concurrentiel. Des citoyens à l'abri de la misère noire et des catastrophes de santé travaillent mieux, et les riches vivent mieux dans un pays où les pauvres se sentent en sécurité. En Chine, paradis du capitalisme sans la liberté, le gouvernement essaie d'implanter quelque chose qui y ressemble, et appelle ça la modernisation de la société. Les ultra-libéraux sont des réactionnaires.

Cixi
10.09.07 | 15h13
Un grand Merci à Monsieur Guillet ! Merci de résister à la morosité et au pessimisme ambiant. Votre point de vue remet les choses dans leur juste contexte. Merci !

JRV
10.09.07 | 15h05
Enfin quelques vérités ! Mais quand la gauche antilibérale les avance et argumente en ce sens, la médiacratie n'a qu'un mot: archaïsme... Certes, supprimer les 35h ou faire travailler les enfants dès 12 ans, supprimer les congés maternité permettraient une meilleure croissance. Le véritable archaïsme est bien celui côté en Bourse...

Europekipete
10.09.07 | 15h02
Forcement, vu de polytechnique ou d' une banque, le declin de la France apparait forcement comme un concept virtuel. Le declin source de misere, de chomage de longue duree et d'expatriation sans precedent de jeunes diplomes serait en fait une grosse hallucination collective. Quant a croire qu' un niveau eleve de redistribution moderera les revenus des + riches, il y a fort a parier que l'exode des + riches a l'etranger donnera cette belle illusion au detriment de l'economie.

Philippe G.
10.09.07 | 15h01
Article interessant, j'avoue ne pas avoir verifie les chiffres avances. Neanmoins comment expliquer des observations de bon sens comme le nombre de Francais cherchant a trouver du travail ailleurs qu'en France? Si tout va pour le mieux, pourquoi autant de Francais actifs (non retraites..) en Angleterre par exemple?

Merci
10.09.07 | 15h00
Un excellent article. Et signé par un polytechnicien encore :-) Merci de tout coeur, M. Guillet.


"Ne te courbe que pour aimer..." René Char
by Melanchthon on Mon Sep 10th, 2007 at 10:09:40 AM EST
does Le Monde have a feature, most read article and can we 'help it'
by PeWi on Mon Sep 10th, 2007 at 10:13:05 AM EST
[ Parent ]
Yes, but you have to be a subscriber to comment and recommend.

"Ne te courbe que pour aimer..." René Char
by Melanchthon on Mon Sep 10th, 2007 at 10:17:57 AM EST
[ Parent ]
I'm a subscriber so I'll do my part.

To be honest, I haven't looked at the paper since June but this gives me a reason to read LeMonde again!

by desmoulins (gsb6@lycos.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 11:10:57 AM EST
[ Parent ]
en bon français...

Ca fait plaisir... :-)

When locusts move on, they leave nothing behind

by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:22:22 AM EST
[ Parent ]
One should look at Krugman's Op-ed in today's NY Times for a push back on "trickle down" from a US perspective.

http://select.nytimes.com/2007/09/10/opinion/10krugman.html
(If you can't read it, most of it has been quoted on economists Mark Thoma's blog):
http://economistsview.typepad.com/economistsview/2007/09/paul-krugman-wh.html

The issue that I think needs to be addressed in both cases is that a mountain of data seems to have no effect on the prevailing economic philosophy. What the left hasn't learned yet is that the facts are insufficient to counter the "big lie".

Not only does the right have a big echo chamber that reinforces their propaganda, but they also have the cooperation of the major media which is in the thrall of big business. I don't know what works, but facts alone obviously don't.


Policies not Politics
---- Daily Landscape

by rdf (robert.feinman@gmail.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:15:38 AM EST
This piece certainly quotes facts, Robert, but it isn't facts alone. There's a narrative there that says big money is lying to us all in order to rip us off.

When locusts move on, they leave nothing behind
by afew (afew(a in a circle)eurotrib_dot_com) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:28:12 AM EST
[ Parent ]
What the left hasn't learned yet is that the facts are insufficient to counter the "big lie".

I disagree. A chart showing the increasing gap between productivity and median wages along with the headline "you're not getting your share of the wealth" would be extremely powerful. Money and status concerns come very close to trumping emotional narratives.

The democrats can't shake the tree anymore as they are corporate sponsored, and no way will the MSM allow this sort of populist rhetoric in their papers. The only "populism" we're allowed is Lou Dobbs blaming Mexican laborers for the decline of the middle class.

you are the media you consume.

by MillMan (millguy at gmail) on Mon Sep 10th, 2007 at 01:35:00 PM EST
[ Parent ]
...are you getting your share?

Would be a good slogan to go with the chart, because it uses a simile that is very common in folk economic defences of the neoliberal economic order.

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd

by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Mon Sep 10th, 2007 at 03:07:58 PM EST
[ Parent ]
I completely agree.
The citizens have become too lazy to defend their own way of life and it's becoming harder to bring anyone to think.

"I disagree with you so your data must be wrong , and it's a shame you're manipulating figures, and anyway I never trust figures"

by HugoMe on Tue Sep 11th, 2007 at 07:54:06 PM EST
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Welcome to ET, Hugo!

Our knowledge has surpassed our wisdom. --Charu Saxena.
by metavision on Sun Sep 16th, 2007 at 11:09:13 AM EST
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Le Monde.fr : Non, la France n'est pas en déclin, par Jérôme Guillet
Jens
10.09.07 | 16h03
En France, on se lamente en permanence sur le déclin du pays qui, pourtant, se maintient parfaitement par rapport aux Etats proches. "La société bloquée" de Michel Crozier, qui dénonçait bureaucratie et manque de flexibilité, date de 1970. Il faut croire que la France n'était pas si bloquée que ça, car elle a largement fait son retard sur l'Allemagne. Quant à l'Angleterre où vivent 250 000 Français, précisons qu'il en part 300 000 ressortissants chaque année et que beaucoup viennent en France !

Jean M.
10.09.07 | 16h00
Enfin une analyse pragmatique et lucide des performances francaises, venant de surcroit d'un polytechnicien banquier que l'on accusera pas d'etre un cryptomarxiste. Pour ma part, travaillant a Londres dans la finance je constate tous les jours les limites de vouloir faire parler les chiffres sans contexte. Sait-on par exemple que l'esperance de vie d'un travailleur "working class" a Glasgow est de 52 ans contre 46 en Afrique et 78 en Europe continentale ? Le bonheur ne se resume pas au PNB !

warni
10.09.07 | 15h49
Soit ce monsieur a raison. Vu la simplicité de son propos, et l'accessiblité des données (le livre de Mr Picketty n'est pas vraiment introuvable, ni les chiffres de l'OCDE), je me demande pourquoi aucun journaliste économique du Monde n'a eu l'occasion de discuter de ces élements lors d'une interview avec un des nombreux déclinistes, et ce compris Mrs Sarkozy et Fillon. Soit ce n'est pas le cas et j'aimerais voir démontrer les erreurs dans un dossier - manquant - sur l'economie.

Guillaume S.
10.09.07 | 15h42
Bravo Mr Guillet pour votre analyse et votre ironie mordante. Vous auriez pu insister sur le machiavélisme des politiciens "réfomistes" qui consiste à faire croire au plus grand nombre que la réforme lui sera profitable alors qu'elle le plombera autant que ceux qui n'y croient pas... Cette histoire de réforme se terminera par une moitié de cocus (ceux qui ont cru) et de baisés (ceux qui n'y ont jamais cru). Bref on sera tous dans le même bateau quelles que soient nos opinions divergentes.

Pierre Guillery
10.09.07 | 15h36
Il faut être banquier et polytechnicien pour décrire la situation du pays en décortiquant des statistiques! Donc, le fait qu'on trouve des statistiques montrant que les choses ne vont pas si mal que ça en France (un différentiel de 1% entre le chomage des jeunes en France et en GB, par exemple) prouve que "non la France n'est pas en déclin"? Ha oui? Et aussi : "Réforme" serait un gros mot qui cache les cadeaux aux plus riches. Ha bon? Pour l'instant on a vu les cadeaux, mais aucune réforme!

Nicole B.
10.09.07 | 15h32
Voilà des propos réconfortants ! Merci de nous dire enfin que le mot "réforme" employé seul est stupide ou porteur d'arnaque. Merci de démasquer ce que cache l'imposture.


"Ne te courbe que pour aimer..." René Char
by Melanchthon on Mon Sep 10th, 2007 at 10:22:36 AM EST
they're not being 'kind' jerome...

they know great political writing when they see it!

it reads as brilliantly in english, as well.

this is your future, accurate, sane, articulate pundit for truth and socially conscious reality.

Peace is not the absence of war -- peace is the absence of fear. Ursula Franklin

by melo (melometa4(at)gmail.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:34:18 AM EST
MERDE! Je connais deux stars de media francais.

I told Bush; don't play chess with the freakin' Russians.
by LEP (rafifoon@yahoo.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:54:41 AM EST
Oops! Make that one.

I told Bush; don't play chess with the freakin' Russians.
by LEP (rafifoon@yahoo.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 10:58:50 AM EST
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Congratulations, once again, on having your work published.

"This is nothing compared to how Putin rigged Eurovision."
by poemless on Mon Sep 10th, 2007 at 10:56:41 AM EST
From Lemonde comments:

ce M. GUILLET est-il vraiment un «vrai banquier» pour tenir un tel discours gauchiste et livrer une analyse autant subversive ?... Ne faudrait-il pas alors, dans le cas où il n'y aurait pas erreur, lui confier la chronique hebdo de notre cher ELB définitivement converti aux joies «éco-globales» ?... ce qui nous changerait de la «confiture néo libérale» que l'on nous tartine le samedi !..

A star is born.

by desmoulins (gsb6@lycos.com) on Mon Sep 10th, 2007 at 11:15:09 AM EST
Time to start a "Draft Jerome for MEP" campaign?

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd
by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Mon Sep 10th, 2007 at 11:21:30 AM EST
[ Parent ]
Nah.

He wants to make a difference doesn't he?

More chance as a Commissioner...

by ChrisCook (cojockathotmaildotcom) on Mon Sep 10th, 2007 at 01:14:35 PM EST
[ Parent ]
It depends on whether he wants power or a voice.

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd
by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Mon Sep 10th, 2007 at 03:04:54 PM EST
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Felicitations, ca, c'est genial! Et tres bien ecrit en plus...

"C'est un scandale !"
by redstar on Mon Sep 10th, 2007 at 12:10:31 PM EST
Sure is brilliant to add these arguments to the general media discussion.  Congrats to both of you.

I would be very interested to hear the comments from Jerome's colleagues at work, and what they have to say about the thesis.  "ironie mordant" indeed.

Skennah Kowa

by Crazy Horse on Mon Sep 10th, 2007 at 02:13:47 PM EST
Crazy Horse, would you mind dropping me an e-mail?

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd
by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Mon Sep 10th, 2007 at 03:06:27 PM EST
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Most (highly paid but) rank and file people where I work know all this quite well since their work is based on real data not MSM and economists stuff. And they fully well know how much about propaganda it really is.

The main point (I'm monomaniac I know :) is the unemployment measure.

The message is repeated repeated repeated all day long on all medias:

  • UK/USA 4-5 % unemployment
  • France 8-10% unemployment two times more!
  • So France has to copy this and this UK/USA feature

It's to the point even left-leaning high level economist do not question this anymore, so imagine the rest of the crowd.

John and Jerome picked the OECD data I inserted into french and english wikipedia (which has survived all edits BTW), alone it is largely enough to convince anyone that economists MSM are not showing and studying the right data.

Each time I used this argument in discussion it had a big impact with everyone realizing within a few seconds (of silence) the scale of the "unemployment" lie.

It's easy to learn: OECD 2004 male 25-54 87.6% 87.3% 4.6% 7.4%. Use it each time you hear or read unemployment and can talk or write back.

You can also mention that in the USA one in six 70-74 year old is still working and the number is rising. More work/GDP is more well-being?

by Laurent GUERBY on Mon Sep 10th, 2007 at 03:12:51 PM EST
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Having now read all comments on Le Monde article, the main negatives are unsurprisingly based on ... unemployment:

  • getting a job in France is strictly "impossible" (but you don't know that you're a polytechnician working in Finance)
  • in the UK/US "immediate" plenty around for everyone, look at the unemployment number!

Depth of indoctrination...
by Laurent GUERBY on Mon Sep 10th, 2007 at 06:01:25 PM EST
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I work in the US for a large US-based corporation (with nearly 40,000 employees worldwide).  We've had a 37.5 hour work week for the whole time I've worked there, going on ten years now...and yet, we are still productive and profitable.  Imagine that.  I doubt shaving off 2.5 hours a week would make much of a difference in terms of productivity and revenue.  In fact, I'd hazard a guess that reducing from 40 to 37.5 was a good decision (profit-wise) since they've kept it for so long.

Small varmints, if you will.
by Eric K on Mon Sep 10th, 2007 at 03:18:45 PM EST
This article is how i first found ET and the reason i came back. Great to see it getting further coverage.
by darragh on Mon Sep 10th, 2007 at 03:34:55 PM EST
My only observation - which I have made previously - is that U.S. economic data that purports to describe any activity in "real money" terms understates the effect of inflation.  That is, U.S. government data understates the rate of inflation in terms of the costs that actually affect the overwhelming majority of our citizens.  When they announce GDP or Median Wage data, they are overstating both numbers in real terms.

I realize that you can't discuss every germane point in an article of the sort that you submitted.  I just want to point out once again that the U.S. economy is not operating at the level claimed by the bureaucrats - or their political bosses.

paul spencer

by paul spencer (spencerinthegorge AT yahoo DOT com) on Mon Sep 10th, 2007 at 04:08:23 PM EST
from Le Monde online subscribers, and more to come...

"Ne te courbe que pour aimer..." René Char
by Melanchthon on Mon Sep 10th, 2007 at 04:54:47 PM EST
And high on the "most sent articles" list!

"Ne te courbe que pour aimer..." René Char
by Melanchthon on Mon Sep 10th, 2007 at 04:56:44 PM EST
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Congrats! Excellent work as always.

And what does it say about how the media usually conduct its business, when people react to the article the way they do?

"The basis of optimism is sheer terror" - Oscar Wilde

by NordicStorm on Mon Sep 10th, 2007 at 05:02:25 PM EST
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Les trois dernières pages, dans leur intégralité:


Eric L.
11.09.07 | 09h48
Génial ce Jérôme Guillet. Démonstration brillante et iconoclaste.

gerald+n
11.09.07 | 09h38
Ceux qui crient au déclin de la France sont ceux qui, nostalgiques de Vichy, rêvent d'un système totalitaire où l'employé aurait un boulet attaché à la cheville ! Un sain, voire saint, retour à l'esclavage, un "back ground" sonore Wagnerien, un vrai retour au profit pur et bénit au mépris de tous pour les salauds !

Claire L.
11.09.07 | 09h20
Bel article. Je ne pense pas non plus que la France soit en déclin mais sans verser dans l'ultra libéral, ne faut-il pas réfléchir aux ajustememnts nécessaires pour préserver le modèle français que tant d'autres pays nous envient? (régimes spéciaux...) Soyons fier de notre sytème sans trop se replier sur soi-même.

irgendeinbis
11.09.07 | 09h14
J'ai l'impression que beaucoup d'entre nous ne sont pas prêts à renoncer au discours des pleureuses ("la mélasse dans laquelle on se complaît" pour reprendre un chanteur). Enormément de choses changent discrétement en france, on évolue très vite, mais on réclame uniquement du spectaculaire... Je redonne le lien : http://www.eurotrib.com/story/2007/5/4/113029/9034 On est largement comparable aux autres pays européens socio-économiquement.

Christian M.
11.09.07 | 09h06
Polytechnicien et banquier. Expert en chiffres donc. Encore une des analyses, fréquentes en ces milieux, dont on ressort avec la curieuse impression qu'elle ne reflète pas vraiment le vécu au quotidien. La vague sensation d'un sophisme bien enrobé de chiffres.

XF
11.09.07 | 08h57
Le déclin est d'abord psychologique. Nous en sommes au "Panem et circenses", formule qui signa le (long certes mais certain) déclin de Rome. Exemple : est-ce aux entreprises d'être responsables du reclassement des salariés qu'elles licencient ? Non. Est il normal que l'on culpabilise les entrepreneurs parce que d'anciens salariés se sont "laissés mourir" (propos d'une ancienne salariée de Moulinex sur Europe 1)? Non plus. Arrêtons le surassistanat.

Pelargonium
11.09.07 | 08h43
Mais pourquoi doit-on toujours se comparer aux exemples extrêmes comme le Royaume-Uni ou les Etats-Unis? L'Europe regorge de pays qui arrivent bien à s'en sortir comme l'Allemagne ou les Pays-Bas, aux politiques plus douces mais qui arrivent amplement à sortir leur épingle du jeu, eux, contrairement à la France qui piétine, fait du surplace. Arrêtons de croire que nous sommes une force économique, on perd indubitatblement du terrain et il serait temps d'arrêter la contemplation de notre nombril.

Robert Ernesto
11.09.07 | 07h26
Une vieille plaisanterie disait qu'il y a deux maniéres de se ruiner : entretenir une danseuse ou embaucher un polytechnicien. En poussant la plaisanterie plus loin, on peut dire qu'avec un banquier polytechnicien on est sûr d'aller dans le mur.

HugoMe
11.09.07 | 03h05
JG montre bien que la libéralisation crée de l'inégalité sans élever les salaires. Reste à prouver que ça ne crée pas d'emploi. Ce qui est beaucoup moins facile. A savoir ensuite si on préfère des jeunes et vieux chômeurs ou des "working poors"

économiste
11.09.07 | 03h00
A quoi ça sert un économiste ? Par exemple à montrer quand un homme d'Etat dit n'importe quoi. "Quand l'electeur moyen n'existe pas, par exemple lorsqu'un conflit politique net divise l'opinion en deux groupes, l'executif tentera d'adopter une position de compromis en privilégiant les actions les plus démagogiques" J. Attali dans "Analyse economique de la vie politique" p4. Editions Quadrige/PUF. 1981. J Attali a la mémoire courte

JEAN-MARIE
11.09.07 | 02h57
Entre le mythe de la réforme bêtement annoné sans aucune conscience des dangers d'un essorage des classes défavorisées et la crispation immobiliste sur une société d'assistanat, il doit bien exister une vérité un peu moins manichéenne, fondée sur une intelligence de l'humain et une motivation qui ne soit pas exclusivement réservée aux 0,1 % les plus riches.

Encore ces cerveaux qui fuient...
11.09.07 | 02h36
Imaginez, vous travaillez depuis des années dans une université ou une entreprise, et avez grimpé les échelons les uns après les autres. Alors que vous convoitez un meilleur poste, un de ces fameux cerveaux veut rentrer en France. Il est brillant, etc. bref, le cerveau type que notre dévoué Président veut rapatrier. Le cerveau va venir travailler avec vous et va devoir s'insérer dans la hiérarchie... Voulez vous toujours rapatrier les cerveaux?

Jean Pierre D.
11.09.07 | 02h13
Actuellement, beaucoup de patrons se payent des salaires qui n'ont aucun rapport avec la valeur ajoutée qu'ils apportent à leur entreprise. J'appelle cela du banditisme. Ceux qui votent des lois pour réduire leurs impôts devraient pouvoir être poursuivis si la Justice n'avait pas été remplacée par le droit. Les USA sont l'exemple du déclin : déficit budgétaire + commercial + endettement des ménages. L'État doit encourager l'épargne car le revenu de demain sera de + en + le dividende.

un chomeur
11.09.07 | 01h52
En tous cas on est content de savoir que les polytechniciens se portent bien !

Jean Pierre D.
11.09.07 | 01h47
Article remarquable. La prospérité de l'occident s'est faite avec des barèmes fiscaux très progressifs, le taux marginal des gros revenus était de l'ordre de 4 fois celui du faible revenu, la redistribution favorisait la croissance. Des politiciens d'extrême droite, profitant de la réduction de l'emploi industriel, conséquence de l'évolution technologique, ont raboté les barèmes, affaiblissant ainsi les États au profit d'une minorité et au détriment de l'intérêt général.


Ataraxie
11.09.07 | 01h02
Par ailleurs, j'ignore d'ou vous prenez vos chiffres (sources ?). Vous ne citez pas ensuite le taux de chomage des jeunes (23,1 % ! bien trop eleve pour etre cite) pour ne garder que la proportion (8,6 %) tout en donnant des explications peremptoires ("certes... mais...") La France a aussi fait fortement usage de la dette publique : elle a explose depuis 1981 (env 20%) pour depasser les 60 % en 2006. La encore vous avez omis de mentionner ce chiffre ! Quelle rigueur digne du Monde !!!

Ataraxie
11.09.07 | 00h33
Monsieur Guillet, vous traitez de votre sujet en une page sans meme definir votre sujet. Qu'est-ce le declin ? une perte de puissance soit absolue soit relative. Quand la France se fait rattrapper par la Chine et la GB, qd sa croissance est atone (1,8%) alors que la plupart des autres pays (pas forcement US et GB) croissent plus vite, alors oui, il y a une perte mecanique d'influence politique, culturelle, economique. Vous traitez de la derniere, pas des deux autres.

CHRISTIAN T.
11.09.07 | 00h07
A la base une tromperie statistique époustouflante. Parfois JG utilise des statistiques globales, parfois des statistiques détaillées, parfois la moyenne, parfois la médiane. Ce faisant, il trompe le lecteur qui, par exemple, peut croire que le 0,1% le plus riche a capté la croissance de 20 ans (x2 du PIB), il faut être X pour écrire dans le Monde que (7-2)% = 50%, et certains applaudissent. Sommes nous le 1er avril? Dommage de gâcher des idées intéressantes par une légèreté insupportable.

Juba II M.
10.09.07 | 23h47
Que la France soit dans le top 5 des puissances mondiales, cela force l'admiration. Souhaiter ou esperer qu'elle le reste indefiniement releve de la naivete aussi bien que de la pretention. Comment esperer qu'un pays de 60m d'habitants puisse continuer a jouer le jeu de nations telles que les US ou la Chine?! Uderzo et Goscinny sont de tres grand dessinateurs. Il faudra esperer neanmoins que leur vision n'influence pas l'avenir de la France et qu'Asterix reste une charmante bande dessinee.

Europekipete
10.09.07 | 23h21
Si attendrissant de lire tant de bobotidute soulagee a la lecture de cette revelation de JG. La bonne vieille methode sovietique autoritaire du partage serait donc le meilleur rampart contre la pauvrete et le declin, le scoop. Selectioner certains chiffres au detriment d'autres (le rang des universites/ recherche/ brevets) pour donner l'illusion, tout l'art malhonnete de preserver un systeme qui cree des polytechniciens banquiers au detriment du travail pour tous.

Esprit de l'X
10.09.07 | 22h46
@Boizard F. : L'intelligence collective... Voilà une notion à peu près aussi obscure que la "main invisible" censée autoorganiser l'équilibre des marchés. Ce n'est pas l'intelligence collective qui fait penser un polytechnicien ni d'ailleurs n'importe qui. Avec le succès de pareilles notions se propage l'apologie du sens commun le plus plat, le conformisme le plus niais, la démagogie des émotions primates, la mort de toute faculté critique, bref: le contraire de l'esprit.

Thierry T.
10.09.07 | 22h44
Remarquable. Voila qui nous change des discours habituels dont certaines réactions d'abonnés (militants ?) sont un fidèle reflet. Le non au référundum nous a évité l'erreur historique de graver dans le marbre un mode de construction de l'Europe qui va dans le mur. Quant au débat sur la retraite, il démarre avec les mêmes erreurs que celui sur la centralité de la valeur travail. Lire ou relire Arendt est éclairant. http://tto45.blog.lemonde.fr

JUAN H.
10.09.07 | 22h44
Il n'y a que le rupturo-sarkozien pour encore croire que la France décline... Cet article nous dit magistralement ce qu'une presse majoritairement soumise à l'idéologie dominante et cotée en Bourse ou presque, se garde de nous dire : permettre aux millions de travailleurs à faible revenu et précaires de consommer, en augmentant la part des salaires dans le PIB par rapport à celle des profits, tout en réduisant ses écarts... c'est sortir d'une croissance molle qui n'avantage que le riche !

DOM.B
10.09.07 | 22h34
Comment expliquer alors le deficit de notre balance commerciale, la dette abyssale, les erreurs type credit Lyonnais, le recul de nos universites du à une recherche reduite à la portion congrue, cla perte de 2.000.000 d'emplois industriels, la faiblesse de nos positions ds les 4 futurs grands (BRIC), l'absence de prix Nobel, notre perte d'influence culturelle. On peut evoquer la responsabilité des Banquiers (dont Pompidou), enarques (dont Chirac_) et polytechniciens (dont VGE).

cassoulet
10.09.07 | 22h33
Oui vraiment bravo et merci à Jerome GUILLET. Enfin quelqu'un qui va mettre à la retraite Eric Le BOUCHER, Nicolas BAVEREZ, et qq autres.

nelson1936
10.09.07 | 22h32
Tout va très bien Mme la Marquise ! A entendre ce jeune homme tout serait parfait en France : Pas de chômage, pas de précarité, pas de déficit budgétaire, pas de dégradation de notre commerce extérieur, croissance suffisante pour assurer les nouvelles dépenses dues à la dépendance des personnes agées et des handicapés, etc. En attendant les Suisses : 41 h de travail par semaine et 4 semaines de congés annuels. 100.00 Français traversent la frontière chaque jour pour se rendre à ce bagne !

xcxx
10.09.07 | 22h29
Le seul fait de signer cet article par "polytechnicien et banquier" en dit long sur l'auteur. Ce n'est certes pas au RU et aux US qu'on verrait ça...

stephane C.
10.09.07 | 22h28
la France ne propose plus rien, n'invente plus rien, ne parle plus, ne recherche plus rien... et refuse le monde. Le NON au referendum l'a montré... La France n'est pas en déclin, elle s'est endormie pour longtemps... On ne va pas en mourir, on se contentera de regarder le monde de loin... meme avec un petit napoléon IV à notre tête... Tant pis pour nous de vivre cette sombre periode...

jerome g.
10.09.07 | 22h25
Le problème de ceux qui disent que tout va bien, c'est qu'ils s'appuient là-dessus pour justifier de ne rien faire. Il est quand même indéniable que la France n'a mis en oeuvre aucune réforme depuis plus de 10 ans (les 35 heures). Et avec un raisonnement comme celui de M. Guillet on justifie les régimes spéciaux de retraite, le record du monde des charges sociales, la retraite à 55 ans et le reste. Avec un tel "recul", n'a-t-il vraiment rien à proposer ?

marl92
10.09.07 | 22h17
Je ne comprends pas cette fixation autour du référendum de 2005. D'une part parce que l'Angleterre n'a jamais eu la moindre intention d'adopter le TCE, qui n'avait donc aucune chance de voir le jour. Ensuite parce que le traité simplifié ressemble assez au TCE. Enfin parce que le vrai problème n'est pas le déclin de la France mais celui de l'Europe, de plus en plus distancée par le continent américain depuis 10 ans, sans parler de l'Asie.


Gabriel B.
10.09.07 | 21h54
L'approche est intéressante mais la France tend vers le déclin. Après le non au référendum (une erreur historique), nous avons retardé durablement la construction d'une Europe politique et économique forte, seule capable de faire point aux hyper-puissances présentes et futures (USA, Chine, Inde) : nous allons le payer très cher. Par ailleurs, nous refusons d'entrer de plain pied dans la compétition internationale, inévitable. Enfin, nos budgets recherche sont minables.

Rantanplan_
10.09.07 | 21h44
Article partisan. A quand remonte la derniere victoire d'un Francais a Roland Garros ou sur le Tour de France? Sans compter la ridicule prestation d'hier contre l'Argentine! Mais il n'y a pas pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. Mais bon, sinon tout le monde a l'air de trouver normal que le PIB/tete aux Etats-Unis soit c.33% au dessus du notre ... C'est peut etre ca le declin de la France.

gaga42
10.09.07 | 21h24
Merci Monsieur Guillet pour cette dérangeante compilation de statistiques dont n'importe qui peut vérifier la fiabilité et la transparence. Comment peut-on, sans mauvaise foi, douter de ces réalités et croire aveuglément les grand gourous de la finance, pas plus crédibles que la voyante de mon quartier?

GEORGES D.
10.09.07 | 21h07
Sergeluc:les 1Eurojobs allemands sont réservés aux "RMIstes"de longue durée qui sont ainsi incités à "mériter" la poursuite du versement du Hartz4(RMI),ils touchent donc le RMI+1Euro de l'heure,en cas de refus,leur RMI est diminuée de 30%.Les patrons payent dans ce cas un taux horaire réel à la collectivité qui verse le RMI.Les "saisonniers"agricoles touchent 5.65E de l'heure(net)et sont effectivement contents car le coût de la vie allemand est plus bas qu'en France,c'est tjrs mieux qu'au noir!

Simon
10.09.07 | 20h59
Merci à Jérôme Guillet pour son analyse remarquable. Celle-ci est à lire en parallèle du point de vue de Jean Peyrelevade. Voilà des articles qui mettent en perspective la politique actuelle du gouvernement-président français...

Bathilde
10.09.07 | 20h39
M. Guillet dénonce l'imposture idéologique de la clique au pouvoir en France avec beaucoup de netteté. On le devine lecteur de "Lucien Leuwen" ou d'"Un nouveau complot contre les industriels", quelque chose comme un sympathisant saint-simonien, estimant qu'il est grand temps de "voir clair dans le réel" (la grande qualité du banquier, selon Stendhal). Cette brusque irruption d'esprit au plein milieu de l'avachissement moral qui affecte depuis 4 mois les médias est très encourageant.

CHRISTIAN T.
10.09.07 | 20h35
Puisque tout va bien et que monsieur Guillet connait les statistiques, il devra nous expliquer le DECLIN français, aussi bien en PIB/habitant (médian si il veut) que dans les classement du bien être global (où la France était 1ère ou 2ème il y a 20 ans et dans les 20èmes aujourd'hui. Remarquons que le même article aurait pu être écrit en 1900, en 1950 ou en 1980. Si il n'y avait pas eu de "réformes" depuis ces dates où serions nous? On peut être X et ignorer le temps long et l'adaptation.

boboville
10.09.07 | 20h30
tout va très bien mme la marquise comment mr guillet explique t il que la france se fait doubler par tous ses concurrents européens et que le niveau de vie du français rétrécit comme peau de chagrin par rapport aux anglais et aux allemands

lakota
10.09.07 | 20h14
Superbe. Un grand merci à Jérôme Guillet. Et la visite de l'adresse http://www.eurotrib.com/story/2007/5/4/113029/9034 qu'il nous fournit si gentiment vaut vraiment le détour.

Guy L.
10.09.07 | 20h12
J.Guillet nous apprend qu'il vaut mieux être riche aux Etats Unis et au Royaume Unis et mieux vaut être pauvre en France que le contraire.Partant de cette conclusion hardie, on peut en déduire que nous serions heureux en France et par conséquent les réformes ne sont pas indispensables.J'imagine nos chomeurs revigorés par cette bonne nouvelle, si vous espèrez trouver un job le dimanche,NIET pour celui qui aimerait arrondir ses fins de mois avec des HS, NIET,le mot réforme est à proscrire

aborigene
10.09.07 | 20h10
M.Guillet,un peu de sérieux svp..Tous les indicateurs convergent pour montrer la perte de compétitivité de notre économie,la fuite de talents à l'étranger,le poids des charges fiscales et sociales,des dépenses publiques et des effectifs du secteur public très largement supérieurs dans notre pays par rapport à nos voisins,le moindre nombre d'heures travaillées par an,la stagnation du pouvoir d'achat des classes moyennes,etc..Continuons sans changer alors que tout bouge autour de nous ..

Boizard F.
10.09.07 | 20h02
Friedrich Hayek, grand penseur du libéralisme, estimait que la France souffrait d'un syndrome qu'il avait baptisé ... "l'esprit de Polytechnique" ! On voit que c'est toujours d'actualité. Ce syndrome consistait, et consiste toujours, à croire qu'on peut comprendre, et donc diriger, une société entière par la seule force de constructions intellectuelles. Au contraire, Hayek faisait confiance à l'intelligence de la construction collective crée par les relations de millions d'individus libres.

Christian L.
10.09.07 | 19h59
Article utile. Ajoutons qu'à terme la France possèdera l'économie la plus puissante d'Europe, démographie aidant : une forte natalité comparer à nos voisins, l'attractivité sans égale du pays, et pas seulement au mois d'août, grâce à notre qualité de vie et la beauté du pays. Pourtant la question posée par Guillet me semble biaiser : il ne s'agit pas de nous comparer aux EU ou au RU mais de savoir si nous pouvons bénéficier de davantage de croissance sans renoncer à notre modéle de solidarité.

dalembert
10.09.07 | 19h45
A Philippe G., je connais beaucoup de jeunes français qui vont travailler à l'étranger par simple plaisir de bouger et de connaître autre chose, l'argent n'est pas leur motivation principale. Ils veulent s'enrichir d'autre chose et courir le monde...c'est mal? A part ça, je conseille vivement la lecture du livre de Noami Klein,"The Shock Doctrine - The Rise of Disaster Capitalism", une révélation lumineuse sur les tenants et aboutissants de tout ce chaos économique.

philippe m.
10.09.07 | 19h45
Bravo. Et, enfin. C'est vrai qu'ELB vient de prendre un "sale coup". Peut être pourra t'il indiquer comment il a pu passer ce genre de point de vue sous silence depuis un an ? ou encore, pourquoi pas, que cet article est bourré d'erreurs. On se régale à l'avance.



In the long run, we're all dead. John Maynard Keynes
by Jerome a Paris (jeromeguillet@yahoo.fr) on Tue Sep 11th, 2007 at 04:55:38 AM EST
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There's a lot of criticism of the fact that I'm presented as a "polytechnicien" - if it had been up to me, this would never have been used, so these criticisms should really be aimed at Le Monde, who thought this was relevant. Banker is more logical.

I'd much rather have been presented as editor of ET. That said, I am a polytechnicien and certainly not ashamed of it. It is possible to be one and be able to take a critical look at the system that gives us such a privileged position, without wanting to completely destroy the system either.

In the long run, we're all dead. John Maynard Keynes

by Jerome a Paris (jeromeguillet@yahoo.fr) on Tue Sep 11th, 2007 at 04:59:10 AM EST
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It's a mixed bag. It will make people pay attention to what you write (I'm sure it has influenced Le Monde to pay attention to you - remember their piece Jérôme Guillet Un X d'influence?), and being seen as an insider will both help add weight to your argument and open you to character assassination (both of which one can see in the comments).

Interesting that both in the personal profile and in this case they ignored the reference to European Tribune: in the first case they focused on your stature on Daily Kos, and in the second case they simply dropped it from the signature.

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd

by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Tue Sep 11th, 2007 at 05:08:10 AM EST
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A sign of the times. Our president has constantly played with a poujadist anti-elite propaganda

This echoes me with the "gauche caviar" anathem or, in another domain "shameful jew"

The same people that take advantage of the system cannot stand that others that also do might want to make it better.

It is as if they were so knowingly profiting from the others that they cannot conceive that some others might want to do differently
A kind of unassumed shame

by HugoMe on Tue Sep 11th, 2007 at 07:39:57 PM EST
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A number of the comments seem the be saying "France is in decline - our elites had the power - they are the cause of decline - the author is part of this (discredited) elite - thus he has no credibility and is wrong"

This is the kind of deeply ingrained thinking which is prevalent - because it has been encouraged and fed by tha dominant narrative - and which will take more than one article to move.

In the long run, we're all dead. John Maynard Keynes

by Jerome a Paris (jeromeguillet@yahoo.fr) on Wed Sep 12th, 2007 at 03:58:00 AM EST
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A number of the comments seem to be saying "finally a financier, and an X to boot, comes out and tells us we're being put down with propaganda! The clouds part! The sun shines!".

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd
by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Wed Sep 12th, 2007 at 04:46:45 AM EST
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I was just noting that a number of people did not seem to even have read the article, reacting only to the title (which, btw, was sadly cut in half and dropped the more relevant political point).

This simply shows how much work is needed is we want to have any chance of changing any minds.

In the long run, we're all dead. John Maynard Keynes

by Jerome a Paris (jeromeguillet@yahoo.fr) on Wed Sep 12th, 2007 at 08:42:58 AM EST
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Being slightly older than you are I have the feeling than there has been a evolution on this subject since the 80's: ENArques are still responsible, and X are just taking profit from their good situation.
Not a lot of X in politics in the last 15 years, and a lot in big CAC 40 management. Public opinion has grasped it, I think

However you're right that taking profit is destroying credibility in the public opinion eye

by HugoMe on Wed Sep 12th, 2007 at 06:52:26 PM EST
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What does it stand for?

Oye, vatos, dees English sink todos mi ships, chinga sus madres, so escuche: el fleet es ahora refloated, OK? — The War Nerd
by Migeru (migeru at eurotrib dot com) on Tue Sep 11th, 2007 at 05:09:40 AM EST
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Eric Le Boucher is the Le Monde's main economic journalist. He is a proud member of the Congregation for the Propagation of the Economic Faith.

"Ne te courbe que pour aimer..." René Char
by Melanchthon on Tue Sep 11th, 2007 at 06:33:03 AM EST
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Candide.
11.09.07 | 15h56
En oubliant la dette , en oubliant à quoi aura servi l'argent des privatisations en oubliant le train de vie de l'Etat l'on peut dire que la France n'est pas en déclin . C'est porter là un regard par le petit bout de la lorgnette.

Romuald L.
11.09.07 | 15h53
Doit-on systématiquement réformer pour que les choses aillent moins mal? A l'OM, on recrute des stars du foot, ça n'empêche pas l'équipe d'avoir de mauvais résultats. Par ailleurs, la plupart des constats des lecteurs pessimistes reposent sur leur petite expérience, et presque jamais sur des données statistiques objectives. Enfin, certains disent que ce genre d'article incite à ne rien faire alors que le contraire est marqué dans l'article. Y aurait-il un lobbying de la déclinogie française?

ToutEstSimple
11.09.07 | 14h16
La malhonnêteté intellectuelle tente de nous faire croire depuis des années que réforme égale réforme ultra-libérale. Les idéologues néo-libéraux ont si bien réussi leur entreprise de glissement sémantique, qu'ils ont en fait réussi à bloquer toute tentative de réforme. Une réforme étant devenu synonyme de glissement ultra-libéral, pas étonnant que le monde salarié la refuse énergiquement. Rétablissons le sens des mots déjà. merci à cet article de le faire.

Duplex
11.09.07 | 14h12
Article salutaire. Merci à l'auteur. Double conclusion d'une grande lucidité. Evidemment, il a ses détracteurs. Ils évoquent l'exemple de l'Allemagne et la dette. Mais la France ne vient pas de se réunifier et n'a pas de nouveaux Etats membres à ses frontières. La dette depuis "1981"? Elle provient des privatisations: coût et manque à gagner pour la Nation. Suventions, dividendes et fraude fiscale: les entreprises ont coûté 120 Mds € en 2006 à la France. Sur 20 ans, faites le calcul.

Un naïf heureux
11.09.07 | 14h10
Ayant vécu en famille quelques jours à New-York...j'en ai déduit qu'étant pauvre et/ou à revenus modestes...il était préférable de vivre en France...et que par ailleurs je ne voudrais pas échanger notre mode de vie...ni voir des hommes et des femmes obèses comme j'ai pu le voir dans ce pays en France...cela fait du bien de voir les choses de ses propres yeux!!!...en France on continuera à se plaindre la bouche pleine...mais attention à se rendre malheureux pour de bon à force de le répéter!!!...

Henri D.
11.09.07 | 14h07
cet article et les commentaires laissent pensif. Les gens sont libres de choisir leur modele democratiquement : liberal, social-liberal, socialiste ou autres. Les modeles Anglais et US sont des possibilites parmi d'autres. Seulement pourquoi ignorer certaines statistiques : dette de l'Etat, deficit. Les allemands sont en excedent budgetaire : ie ils vont avoir des marges de manoeuvres, les Francais aucunes. Depuis 1981, la droite et la gauche depensent l'argent des generations futures.

Hemca
11.09.07 | 13h52
Un bien bel article : quelle maîtrise subtile de la rhétorique et des statistiques pour faire avaler, au lecteur peu attentif, des couleuvres grosses comme la dette publique de la France! La seule chose que (re)démontre cet article, c'est qu'on peut vraiment faire dire n'importe quoi aux chiffres ! Mais c'est déjà une leçon à méditer..

Le+Glaude
11.09.07 | 13h46
Bravo et merci Jérôme Guillet ! Ca nous change du catéchise qu'on nous déroule habituellement dans la presse. Les réactions à votre article sur le site anglophone www.eurotrib.com/story/2007/5/4/113029/9034 montrent que, finalement, l'herbe n'est pas si verte en GB et aux EU... Eux savent ce que nous avons à perdre en France....

jean luc d.
11.09.07 | 13h34
Je suis ravi de constater que le pessimisme n'a pas encore atteint la caste des polytechniciens -banquiers

Romain A.
11.09.07 | 13h33
Il est symptomatique de voir que bcp des commentaires rejetant en bloc le point de vue présenté par JG renvoient à des indicateurs (nombre de brevets, compétitivité des entreprises) qui ont somme toute trait à des "moyens" qu'à une société de produire des richesses, mais pas du tout à la façon des les partager. Certes, pour plus de croissance, la France doit évoluer, mais comme le montre JG, la voie unique des réformes pronées par la droite libérale ne profiterait qu'à une minorité.

monrog
11.09.07 | 13h23
Il y aurait mille arguments à employer pour contrarier cette si belle et si éloquente mais si fausse plaidoirie. Je n'utilise que celui-ci, tiré du "12-15" du Monde de ce jour : "L'économie française connaît un ralentissement plus important que celui de l'ensemble de la zone dont le PIB devrait croître de 2,5 %. Principal partenaire commercial, l'Allemagne devrait progresser de 2,4 %." N'est-ce pas suffisant ? Alors parlons aussi de nos inégalités, de nos scléroses, de l'absence de prix Nobel.

BL
11.09.07 | 12h57
A "Encore ces cerveaux qui fuient..." : Mon dieu, de telle personne existe?? Si vous aviez plus de cervelle, vous ne craindriez pas la venue d'un "cerveau" de France ou d'ailleurs. Voir le monde, faire une experience internationale est tres enrichissante personnellement et professionnellement... Votre commentaire est d'une affligeance immense.

PAUL P.
11.09.07 | 12h37
Après l'avoir pourfendue M. Sarkozy est devenu un adepte forcené de la pensée unique. Réformer est devenu son credo incantatoire. Sa politique n'est rien d'autre qu'une liste de recettes improbables. Le pire est que ce gouvernement veut nous faire croire que ses recettes sont inévitables et qu'il n'y a aucune autre solution. M. Guillet a le mérite de mettre les pieds dans le plat en posant les problèmes de manière claire et en utilisant des méthodes de raisonnement éprouvées.

Lecteur X
11.09.07 | 12h35
Analyse intéressante mais qui me semble volontairement simpliste, en cachant un paramètre : la dette de l'état. C'est peut-être la dette qui couvre cette stabilité des salaires malgré la faible augmentation du PIB. En gros notre niveau de vie ne baisse pas car la banque nous appelle pas pour nous dire que nous sommes à découvert, et de plus en plus. Je suis d'accord sur la faillite du modèle américain où le pays s'enrichit sans que la population en profite, mais il y d'autres modèles...

diegolerouge
11.09.07 | 12h34
toujours quelques chiffres : En 48 il y avait encore des tickets de rationnement. Pourtant on inventait la secu. Les retraites coutaient 3% du PIB. on a pu passer à 12% du PIB aujourd'hui sans etre ruiné. Il parait qu'en 2040 on ne pourrait pas y consacrer 16%. Bon mais c'est vrai quand tout est automatise et qu on est le proprio de cette belle machine pourquoi payer pour ces inutiles de chomeurs, vieux, malades quand c est pas les 3 a la fois?


nelson1936
11.09.07 | 12h32
Amusant ce J.G Il semble découvrir que la croissance peut engendrer des inégalités ! Et alors ? Mieux vaut être pauvre, et cependant disposer d'un minimum décent, dans un havre de richesse, qu'assisté dans un environnement médiocre. Il existe une antithèse aux modèles anglo-saxons que J.G. nous décrit : Les régimes totalitaires et surtout communistes où les inégalités sont apparemment inexistantes avec un niveau de vie très bas. Si c'est ce que J.G. recherche, très peu pour moi.

diegolerouge
11.09.07 | 12h30
Je viens de lire environ 100 commentaires et je suis heberlue par l'intoxication. La plupart n'ont pas bien lus Guillet ou n'ont pas voulu bien lire. Il est vrai que quand on vote sarko ou PS mou c 'est dur a entendre.. ca fait du monde. Pourtant il y a d'autres chiffres : les americains depensent 15% du PIB pour la sante nous 10% Il y a pourtant bcp d'exclus et c est ce modele qu on veut nous coller.

JBoss
11.09.07 | 12h24
Si on lit bienM. Guillet, libéraliser le marché du travail, réformer les retraites,réformer l'université et encourager les entreprises vont mettre la France dans une position encore plus favorable par rapport aux pays environnants. Autant le faire vite.

Jean R.
11.09.07 | 12h22
Ce ne sont pas les autres pays qui nous envient nos régimes spéciaux, ils s'en gaussent plutôt. Mais ce sont les français qui aimeraient bien en profiter plutôt que de raquer le couteau sur la gorge, soumis au risque du chomage, 40 ans de cotisation et retraite calculée sur les 25 meilleures années. Avec la perspective proche de passer à 42 ans pour équilibrer notamment les comptes du régime bien spécial des services publics.

FIL
11.09.07 | 12h07
Très intéressante synthèse qui remet les choses à leur juste place. Bien sûr, les fondamentalistes du libéralisme ne peuvent souscrire à un exposé concret et étayé mais qui retire toute justification à leur dogmatisme idéologique. Rien ne peut convaincre ceux qui croient encore que l'entreprise n'a aucune responsabilité vis à vis d'une société qui la nourrit pourtant entièrement. Mais les idéologies ne répondent qu'à des soubresauts de l'histoire et sont vouées à disparaître.

Stephane D.
11.09.07 | 11h33
Cet article ignore un fait essentiel... la mobilité sociale, réelle aux Etats Unis. Les plus riches concentrent une plus grande partie des richesses aux US, soit. Mais pour beaucoup, ce sont des pauvres qui se sont enrichis. La France est BEAUCOUP PLUS INEGALITAIRE: On nait pauvre, on meurt pauvre... Il est malhonnête d'utiliser une photo STATIQUE de la population pour mesurer le dynamisme d'une économie. Cet article est profondément malhonnête.

Utile
11.09.07 | 11h32
Article vraiment extrêmement intéressant. Il invite à réfléchir à la signification du slogan "réforme" qui est devenu insidieusement synonyme de renoncement à la solidarité et à la redistribution des richesse, phénomène présenté comme inéluctable. Le Monde pourrait-il demander aux politiques et éditorialistes du déclin et de la réforme de se positionner précisément par rapport aux arguments présentés par Jérôme Guillet ? Merci en tout cas pour cet article utile !

JEAN PIERRE G.
11.09.07 | 11h29
Excellent et de nature à nous faire réfléchir sur la "pensée unique" tant décriée par notre président durant la campagne; j'attends du Monde qu'il reprenne , décortique cette tribune, aille plus loin dans l'analyse, et permette aux lecteurs de se faire une opinion solide sur ce sujet; j'ajoute 2 éléments parmi d'autres :si la france avaitle même taux d'emprisonnement que les US le taux de chomage en France ne serait que de 6.5% .... et quid de l'apport des fortunes arabes et russes au PIB en UK

alain e.
11.09.07 | 11h11
Scoop:on a bien réparti la pénurie en matraquant les "riches" (